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 it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung

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MessageSujet: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Dim 2 Oct - 8:52

it has to be you ♦ wonhyuck & boyung

    Le silence n'était rompu que par le doux murmure des mines qui griffonnaient rapidement sur le papier. C'était sans doute le son que je préférais le plus; je fus pourtant soulagé lorsque le professeur annonça la fin du cours. Aujourd'hui, comme à chaque jour, il avait pourtant été très intéressant. Nous avions eu à décrire quelqu'un d'autre de la classe en utilisant le plus de métaphores possible. J'avais inconsciemment donné beaucoup de contenu à quiconque m'aurait choisi; j'avais ce matin dégoté mes vêtements et accessoires les plus colorés, et passé de longues minutes à les agencer à mon goût. C'est donc en véritable arc-en-ciel que j'étais sorti de chez moi, cheveux d'apparence négligés que j'avais pourtant ébouriffés avec soin, mes yeux bruns entourés d'un discret trait d'eyeliner. Ce n'était, j'en conviens, pas très masculin... Seulement, j'avais toujours trouvé mon regard trop ordinaire, et puis, je pouvais ainsi exploiter le stéréotype homosexuel, pour la crédibilité; féminin, coloré et un peu nunuche. Quelques bornés du type "gros bras" s'en offusquaient quelque chose, mais au moins, le genre intelligent n'y trouvait habituellement rien à redire.
    Bref, j'avais vite rangé mes choses, me dirigeant vers la cafétéria. La faim s'était mise à me torturer l'estomac assez tôt aujourd'hui, et je rêvais plus que tout d'avaler quelque chose, peu importait quoi. La file n'était heureusement pas très longue à mon arrivée, et j'attrapai tout ce que je pouvais prendre, passant sans doute pour un insatiable... Tant pis, qu'ils croient ce qu'ils veulent; je n'en avait à l'instant rien à balancer. Tout ce qui m'importait à l'instant était de me mettre quelque chose sous la dent, et... Et de revoir Bo Yung, aussi. À cette simple idée, mon sourire s'étira discrètement, et je tentai d'accélérer un peu, rageant contre la lenteur exaspérante du troupeau qui se dressait devant moi. J'avais hâte, très hâte... Trop hâte, sans doute. Trop hâte de voir son visage si sérieux, trop hâte d'à nouveau, me buter douloureusement contre ce mur infranchissable qu'il dressait chaque fois. C'était un mal que j'aurais pourtant supporté encore longtemps - je le faisais après tout depuis quoi, 6 ou 7 ans? -, par simple peur de perdre cette proximité qui m'était vitale, par peur de le perdre lui.
    Il était déjà à notre table habituelle, arrivé comme toujours avant moi. Je ne voyais pas trop ce qu'il faisait, toujours coincé derrière une foule de têtes... Sans doute mangeait-il; après-tout, c'était la place pour ça. Oh, il était si... Je ralentis sans m'en rendre réellement compte, puis ferma les yeux, me ressaisissant un peu. Rien de cet affolement passager ne paraissait sur mes traits lorsque je vins m'asseoir à ses côtés, lui souriant en évitant toutefois de croiser son regard fascinant. Me concentrer sur ma nourriture était sans doute préférable, et c'est ce que je fis donc, renonçant à contrecœur à lui demander si son avant-midi s'était bien déroulé, de peur d'être trop collant. Bon sang, mais quel pauvre mafioso je faisais...

    - Comment s'est passé ton avant-midi?


    Rien à faire, c'était beaucoup plus fort que moi... Tout comme le cri de surprise qui m'échappa lorsqu'un jeune homme passa près de nous, accrochant délibérément Bo. Mais de quel droit se permettait-il de le bousculer ainsi? Quoique bon, c'était Bo... Ça risquait de mal tourner...



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Mer 12 Oct - 2:39


    Dès que je mis un premier pied dans la cafétéria, je réalisai que, à travers la réalité des autres, j’allais peut-être avoir besoin de limiter la mienne.
    Le cours d’art dramatique s’était avéré être un véritable désastre pour ma petite fierté personnelle. Il fallait me comprendre : je dormais de moins en moins et mes paupières tombaient avec une facilité exaspérante. À cause d’elles, je m’étais laissé bercer dans les bras de Morphée et m’étais fait réveiller par un professeur moqueur et gonflé d’estime qui avait joyeusement exigé de moi que je fasse une petite comédie devant tous mes camarades. Le but de cette punition ? M’humilier en me forçant à parader autour d’une chaise en lançant ma sérénade. Je me souvenais à la perfection de son petit sourire satisfait en me regardant retourner m’asseoir, noir de fureur. À quoi s’était résumée la suite de mon cours, par la suite ? Je ne pensais qu’à ça. Je m’imaginais très bien suivre ce professeur dans le noir, lui retirant la vie avec lenteur pour qu’il ait tout juste le temps de voir mon visage. Douce, douce vengeance… que je n’obtiendrais évidemment pas.
    C’était donc dans un état assez colérique que je me rendis à ma table, après avoir acheté un délicieux sandwich pré-emballé dans une machine distributrice de la cantine. À vrai dire, je n’avais pas vraiment faim, mais il fallait que je m’occupe à quelque chose pour m’empêcher de penser sans arrêt à cet abruti de prof. Je me dis que si Won Hyuck était là, au moins il trouverait une façon de sauvegarder le peu de calme qu'il me restait : c'est pourquoi, sans le vouloir, je me mis à le chercher des yeux à travers la cafétéria. Comme à l'habitude, je le retrouvai là, debout dans la file à attendre de payer le contenu de son plateau. Rien qu'à le regarder, je pus deviner qu'il n'avait pas une patience tellement exemplaire. Pour moi, chaque fois que Won se postait debout dans cette même file, j'avais l'impression qu'il était pressé de se pousser de tous ces gens, comme si ces derniers étaient dignes de la plus grande des allergies. Enfin, ce n'était qu'une impression. Je me plaisais bien à rapporter des scènes théâtrales dans le quotidien plus qu'ennuyeux de l'école, ce qui faisait en sorte que j'arrivais à modifier complètement mon jugement des autres, comme si le seul fait de leur imaginer une nouvelle vie pouvait les métamorphoser réellement. Ou alors j'étais un bizarre qui s'inventait des scénarios ; les options étaient au choix.
    C'est avec un peu de soulagement, même, que j'observai Won Hyuck s'asseoir face à moi, un sourire poli affiché sur ses lèvres. Pour ma part, je ne pus qu'esquisser un rictus loin d'être convaincant. Si mon compagnon avait souvent l'air plutôt frais et dispo, moi, je ne prenais presque jamais la peine de cacher mon mécontentement. Ce n'était pas volontaire, pourtant. J'étais sans aucun doute de ces gens qui ne parvenaient jamais à avoir l'air heureux, même quand ils l'étaient vraiment.

    ▬ Comment s'est passé ton avant-midi?

    Bon sang, savait-il seulement à quel point cette question même me ramenait à mon état du départ ? Sans doute pas. Même si Won voulait paraître aimable en s'inquiétant de la qualité de ma journée, j'aurais préféré qu'il se taise un peu. Je me contentai donc d'une grimace d'autant plus significative, mâchant mollement un bout de mon pseudo-repas.

    ▬ Question suivante.

    Je n'avais pas voulu avoir l'air autant fâché, alors je souris un peu, détournant le regard. Déjà, je n'étais pas très doué, pour sourire ; ma crédibilité passait de 100 à -1000. Le fait de sourire ne me dérangeait pas tellement, puisque je n'étais pas un antipathique né. Seulement, je détestais ma façon de sourire. On aurait dit que ma bouche prenait une forme bizarre et que mes yeux se plissaient de façon idiote, comme si mon visage était si peu habitué à exprimer des émotions que le seul fait de paraître joyeux le dégoûtait. Enfin bref, dans tous les cas, je n'avais jamais eu l'air tout beau tout doux avec Won, alors je n'avais aucune raison de commencer une mascarade pareille.
    Je regardai mon ami du coin de l'oeil et visai ensuite son plateau, qui était plein à craquer. Nom d'un Chien, il allait réellement manger tout ça ? Je le dévisageai brièvement et m'emparai de quelque chose, ignorant ce qu'il pouvait bien en dire.

    ▬ Tu fais des provisions pour l'année prochaine ou quoi ?

    Je voulus répliquer autre chose quand je sentis quelqu'un me bousculer : mon torse entra douloureusement en collision avec la table et je me retournai vivement, empoignant ce que j'avais piqué à Won et levant le bras, prêt à balancer cette délicieuse nourriture sur la tête de ma cible, qui s'éloignait déjà. La colère l'emporta sur la raison et le projectile déchira l'air, manquant le type de près et frappant le sac d'un inconnu, qui se retourna vers notre table. Je me mis à fixer Won Hyuck, l'air totalement naturel et un sourire mesquin se dessinant sur mes lèvres.

    ▬ Won, quel mal élevé tu fais !



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Mer 26 Oct - 13:54

    J'avais toujours les yeux rivés à mon plateau lorsque Bo répondit à ma question, scrutant mes aliments comme s'ils étaient d'un intérêt dépassant celui que pouvait offrir mon meilleur ami. Je voulais simplement éviter plus que tout de me perdre encore dans l'abysse de ses prunelles envoûtantes, bien que sans doute il ne remarquerait rien, comme à son habitude. En l'entendant pourtant, j'abandonnai du regard toute cette nourriture pour me concentrer sur son visage. Il n'était apparemment pas de très bonne humeur; ses traits étaient tirés -fatigue-, ses sourcils étaient froncés -contrariété- et sa mâchoire était crispée - il se retenait de hurler tout un chapelet d'insultes à quiconque aurait le malheur de lui en demander un peu trop à l'instant. Le ton qu'il avait utilisé pour me répondre ne faisait que confirmer mon hypothèse, laissant croire sans peine que - et c'était probablement le cas -, je le dérangeais. Ce n'était pas la première fois que je l'entendais, cette intonation, et j'avais fini par m'y faire, chassant tant bien que mal la triste idée que je l'ennuyais. Seulement cette fois, peut-être il avait eu conscience d'avoir l'air franchement désagréable, puisqu'il ajouta un sourire forcé, mais un sourire tout de même, après sa phrase. Imperceptiblement, cette adorable grimace étira mes propres lèvres.

    Il avait laissé clairement entendre qu'il ne désirait pas répondre à ma question, et m'avait par le fait même proposé de lui en poser une autre. Proposition purement formelle, car je voyais bien qu'il n'en avait aucunement envie. Je m'abstins donc, préférant attendre que l'occasion se présente d'engager la discussion sous un nouvel angle en entamant mon assiette pleine. Comme d'habitude, tout était plus ou moins goûteux. Ici, on ménageait évidemment les épices et tout ce qui était susceptibles de rendre les plats moins fades, sans doute pas par soucis de budget, mais par soucis de profits. Oui bon, tout le monde ici, ici et partout, ne désirait qu'en avoir plus... Je ne faisais bien sûr pas exception à cette stupide vague d'égoïsme, mais je n'en avais peu pour l'argent. Ce que je désirais était pourtant simple - et à la fois si compliqué bien sûr -, si simple que le fait qu'on m'en prive ne faisait qu'attiser l'espoir que peut-être un jour tout ce dont je rêvais depuis tant d'années se concrétiserait enfin. C'était stupide, j'en étais bien conscient... Mais bon sang, c'était de la faute de l'amour. Ce truc vous rendait complètement idiot...

    L'opportunité tant attendue de reprendre la conversation se présenta finalement lorsque Boyung attrapa quelque chose dans mon plateau - un muffin aux bleuets, ses préférés (j'avais prévu le coup) -, me demandant plutôt sarcastiquement ce que je comptais faire de toute cette nourriture. Je ris, bien sûr - je ris toujours lorsque Bo dit quelque chose -, et ce fut au moment où j’allais répondre que cet effronté de petit c*n vint bousculer mon très cher interlocuteur, qui, comme je l’avais craintivement prévu, se leva en brandissant la pâtisserie. Une colère qui me mettait mal-à-l’aise avait à nouveau pris possession de son visage, et il lança finalement son projectile, qui rata l’imbécile de peu. Au lieu de ça, il alla terminer son vol contre le sac d’une jeune femme qui m’était totalement inconnue et qui se retourna vers nous... Vers moi, tout compte fait, parce que mon ami se tournait aussi, comme si ne rien était. Ce qu’il prononça me blessa, je dois l’avouer. Ce n’était bien sûr qu’une bête plaisanterie; j’avais pourtant l’impression qu’il l’avait articulée avec tant de détachement qu’il voulait seulement m’attrister. Je me mordis la langue, adressant un sourire désolé à celle qui avait malencontreusement reçu une partie de mon repas, incapable de dire quoi que ce soit. J’eus alors l’impression, en regardant au tour, que l’école entière nous fixait. Je me rassis donc avec empressement, attrapant le poignet de Bo Yung pour le tirer sur sa chaise, ne le lâchant par contre pas.

    Évitant toujours son regard, je remontai un peu la manche de son pull et ouvrit sa main droite. Il y avait déjà quelques années de ça, je m’étais subitement intéressé aux lignes de la main et leur signification. Il n’avait jamais voulu se prêter au jeu, déclarant que ce n’étaient que des superstitions sans importance. Qu’il le veuille ou non, c’était maintenant que j’analysais la sienne. Sa ligne de vie, par exemple, était courte; cela était signe d’un tempérament coléreux, ce qui me fit quelque peu rigoler. Celle qui m’intéressait le plus était - devinez-donc - sa ligne de coeur. Le mien se mit d’ailleurs à faire le con (oh, comme si c’était nouveau), lorsque je remarquai qu’elle était très courte et parfaitement droite. Égoïsme, tendance à cacher ses sentiments, coeur sec. Bien sûr. Je lâchai sa main avec empressement, me remettant brusquement à manger.

    - D’solé.



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Ven 28 Oct - 15:56


    J'aurais sans doute du savoir que Won aurait une réaction dans le genre. Pourtant, je n'avais pas pu retenir la réplique, qui s'était avérée, hors de nul doute, d'une habileté assez niaise. Je ne fus donc pas surpris en voyant Won esquisser un sourire poli en direction de ma cible improvisée alors que la plupart des têtes étaient tournées vers nous.
    Il fallait dire que j'avais arrêté depuis longtemps de rêver du jour où il réagirait d'une façon différente à mes provocations et à mes terribles sarcasmes. Je savais bien qu'il n'était pas du genre à répliquer sévèrement ou à faire une crise, mais j'avais espéré de longues années qu'il fasse preuve d'un peu de courage et de force. Toutes les fois où je faisais exprès de l'énerver en espérant qu'il me réplique de me la fermer ou d'aller me faire voir, c'était toujours la même chose : des excuses, un sourire inutilement désolé. Soit il était très faible, soit il était juste taré. Non, je ne le pensais pas vraiment. Pour moi, Won était comme un frère, il était même la personne la plus importante dans ma vie jusqu'à présent. Dire que je pouvais le trouver imbécile était quelque chose de complètement insensé. Je vis donc bien que mes paroles l'avaient touché, chose que je ne compris pas. Si Won Hyuck avait tendance à prendre mes mots au pied de la lettre, j'avais également l'habitude de les pimenter inutilement.

    - Hé, fais pas cette tête.

    Sur le coup, je ne pus retenir un éclat de rire - pas moqueur, cette fois. Je n'étais pas une personne totalement froide et sans coeur (quoique...) et quand la naïveté de Won Hyuck ne m'énervait pas, elle arrivait à me faire rire par ses tournures maladroites. Je jetai par la suite un regard assez noir à ceux qui dévisageaient mon voisin, question de les envoyer balader un peu. Il fallait dire que ma mauvaise humeur s'était en partie envolée, ce qui était un bon point. Je m'apprêtai à me réinstaller quand je sentis Won s'emparer de mon poignet pour me tirer sur ma chaise, relevant par la suite ma manche pour observer la paume de ma main. Voilà qu'il se remettait à ses stupides études des lignes de cette dernière. Cet exercice était d'un ennui mortel et d'une utilité si transparente que je ne parvins pas à retenir un soupir de désespoir, serrant le poing sans le vouloir au bout de quelques secondes.

    - D’solé.
    - Ouais.

    Par réflexe, je cachai mes mains dans mes manches, détournant le regard. Les contacts de Won m'avaient toujours fait un effet étrange : déjà, je détestais qu'on me touche. Évidemment, il faisait plus ou moins exception à la règle puisque nous nous connaissions depuis de nombreuses années, mais d'une façon ou d'une autre, j'avais l'impression qu'il devenait lui-même bizarre dans ces moments-là, ce qui me mettait assez mal-à-l'aise. J'avais alors souvent l'habitude de me détourner. Je détestais avoir à faire un truc pareil, car c'était seulement en ces instant que j'avais le sentiment d'avoir un projecteur marqué « Bae Won Hyuck » sur la tête. Si je faisais de mon mieux pour que personne n'arrive à déterminer quand j'étais gêné ou troublé, lui, il y parvenait. Regardant enfin mon interlocuteur, je lui désignai son plateau par le menton d'un geste désinvolte.

    - Tu partages ?

    Maintenant que ma colère était disparue, j'avais retrouvé l'appétit et le plateau de mon ami semblait assez bien rempli. Il s'agissait également d'une excuse pour changer de sujet, mais ça, qui le remarquerait ?





Dernière édition par Shim Bo Yung le Sam 29 Oct - 15:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Sam 29 Oct - 15:50

    Oui, il aurait dû savoir. Après tout, n'était-il pas mon meilleur ami? Il était supposé tout connaître - du moins, ou presque... - de moi, censé être en mesure de prévoir comment j'allais réagir... Et surtout, cesser de me dire des phrases qui ne faisaient que ternir mon habituelle bonne humeur. C'était idiot; sans doute n'avait-il aucunement conscience que de tels propos me faisaient à ce point mal. Mais enfin, ce n'était pas du tout la première fois que je me renfrognais après avoir subi de sa part de telles taquineries, il aurait au moins pu prendre note que je n'appréciais pas du tout. Et bon sang, j'étais à nouveau pathétique, à jeter le blâme sur celui qui ne savait pas. J'avais parfois, même souvent envie de le haïr; peu à peu, le ressentiment aurait effacé ce feu qui me réduisait en cendres, et tout aurait été simple... Beaucoup plus simple. Il n'en était pourtant pas ainsi, et il m'était bien impossible de détester la personne autour de laquelle gravitait la majorité, voire la totalité de ma vie. Ç'aurait été bien égoïste, surtout qu'il n'aurait rien fait de bien méchant pour mériter un tel sort. Évidemment, je ne pouvais m'empêcher de rêver à cette idée, même si une énorme partie de moi-même ne l'aurait jamais acceptée.

    Si j'étais toujours un peu fâché et déçu après ce qu'il avait prononcé, sa tentative de me redonner le sourire balaya bien vite la rancoeur restante, en particulier le rire sincère qu'il laissa échapper après. J’aimais lorsque Bo rigolait ainsi; il arrivait alors à me faire oublier les pire atrocités qui rendaient ce monde si injuste et tout ce qui se trouvait autour semblait s'effacer derrière les rires de mon meilleur ami, comme si c'était tout ce qui méritait que je m'y arrête un instant. Sur mes lèvres se dessina un sourire attendri, et je regrettai de m'être laissé emporté et d'avoir ainsi attrapé la main de Boyung; ses traits se raffermirent et il soupira comme si je lui infligeais la chose la plus ennuyante qui puisse exister, détournant ensuite le regard. Je me sentais horriblement misérable, et ne pu qu'à nouveau, m'en remettre à mon assiette, qui elle au moins n'avait pas l'air troublée par mes moindres faits et gestes. Certes, je savais très bien que celui qui se tenait près de moi détestait la majorité des contacts physiques, mais je ne pouvais m'en empêcher. C'était un besoin parmi tant d'autres, je ne voulais que lui prendre innocemment les mains, rien de plus...

    Heureusement, si mon tueur à gages d'ami n'avait pas l'air des plus sympathiques, il gardait rarement quelconque rancune envers moi, et après de longues minutes de silence, il désigna mon plateau du menton, en me demandant si j'avais l'intention de partager. Comme d'habitude, je ne pu me contenter d'un réponse simple, du genre « oui » ou « non », et je devins complètement idiot. Avec mes baguettes, j'attrapai une bouchée que je laissai en suspens, fixant cette fois Bo directement dans les yeux, et lui dit, toujours avec un léger sourire mi-figue mi-raisin:

    - Ouvre la bouche, dans ce cas.

    Je réalisai à l'instant que je venais très certainement de me planter à nouveau, m'enfonçant de plus en plus dans les abysses de l'indiscret. Sans doute aurais-je du tenter de sauver la mise, mais je ne pu que rougir et baisser un peu la tête, tentant de garder le peu de crédibilité qu'il me restait. Avec un peu de chance, peut-être croirait-il que je blaguais...



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Jeu 3 Nov - 10:17

    Il était évident que le sourire de Won ne m'avait pas échappé. Il avait toujours cet espèce de rictus de joie lorsque j'échappais, quelques fois, un éclat de rire ou une grimace qui pouvait vaguement ressembler à un sourire face à ce qu'il me disait ou faisait. Pourtant, son truc de lignes de la main mit en avant-plan le masque quasi-irréversible de froideur qui faisait office d'expression quotidienne sur mon visage : il était censé savoir que ces contacts-là me gênaient, point. Pourtant, vu notre « double-vie-personnalité-bizarrerie-interchangeante-devant-public », nous étions obligés d'avoir plus ou moins l'air amoureux, ce qui, je devais le dire, arrivait franchement à me dégoûter de façon royale. Pas parce que c'était Won Hyuck, non, mais plutôt parce que la simple idée d'« aimer » de façon grotesque et peu subtile me faisait horreur.
    J'observai mon voisin se reconcentrer sur son assiette d'un air piteux, jouant nerveusement avec le plastique de mon défunt sandwich. Voilà de quoi nous eûmes l'air, en à peine quelques minutes : deux idiots mangeant tranquillement, puis balançant soudainement un muffin, s'observant les mains délibérément et devenant tout à coup ennuyeux et ennuyés, fixant notre nourriture en se taisant sans raison vraiment. Si quelqu'un avait prit la peine de nous observer du début à la fin, il aurait pu, sans problèmes, réaliser que nous étions loins d'être un 'couple heureux'. Ou même un couple tout court.
    Ce fut une des raisons pour laquelle je demandai à Won de partager son repas : je ne tenais pas à avoir l'air totalement antipathique. Disons que sa réponse me surpris plus que de coutume.

    - Ouvre la bouche, dans ce cas.

    Je le fixai sans broncher, me demandant s'il blaguait. Vu ses baguettes pleines de nourriture pointant dans ma direction, j'imaginai que non, il devait être véritablement sérieux. J'aurais sans aucun doute du me contenter de réagir à l'habitude, ignorant ses blagues et l'envoyant balader, me levant et le laissant en plan pour la journée. Pourtant, l'envie me prit sans raison valable de le taquiner un peu. À force, j'avais bien droit à une compensation, non ? Je me penchai donc tout en souriant d'une façon faussement aguicheuse, sans le lâcher des yeux.

    Jagiya, t'es trop chou.

    Oh oui, je sus que ma réaction dépassait la simple et pure ironie, mais l'occasion se présentait enfin de le mettre à son tour mal-à-l'aise. Rien que voir sa prochaine expression me procurerait un bonheur parfait, au point où j'allais devoir me retenir de rire de lui ouvertement. J'ouvris la bouche, attendant qu'il me serve et estimant bien entendu que quelques têtes se tourneraient vers nous. L'air niais, je me mis tout d'un coup à rire étrangement, la bouche toujours ouverte. N'ayant reçu aucun signe de réaction, je soupirai, piquant la nourriture entre mes dents et me laissant retomber contre le dossier de ma chaise, reprenant un air revêche tout en m'essuyant le coin des lèvres.

    - Ceci est infecte.

    Je désignai d'une main l'assiette de Won Hyuck, roulant mon papier de plastique en une petite boulette que j'envoyai frapper son front gentiment. J'allais officiellement lui causer un traumatisme majeur, après réflexion. Tant pis, c'était bien drôle, après tout. Je le regardai délibérément et lui volai ses baguettes des mains, me penchant vers son plateau pour me servir un peu. Vu mes précédentes paroles, j'allais avoir l'air contradictoire. Rien qu'en m'en rendant compte, je m'étouffai avec la nourriture. Je tentai par la suite de reprendre mon air sérieux, celui que j'aimais tant.
    Je n'étais pas habitué à agir ainsi, à vrai dire. Won allait sûrement s'en rendre compte aussi, mais qu'importe ? Comme s'il oserait en faire un drame...



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Ven 4 Nov - 16:30

    Je sentais le regard de Bo dardé sur moi alors que je faisais passer le plastique qu'il avait laissé sur la table après avoir achevé son sandwich entre mes doigts, la tête toujours baissée. Je n'osais pas la relever, et m'étais résolu à ne pas broncher tant que lui-même n'aurait pas relancé la conversation. Trop de mots, ou du moins, trop de gestes évidents m'avaient déjà échappés... Bon sang, quelle torture. Je n'avais jamais eu de mal à exprimer exactement ce que je ressentais; tout sortait fluidement, sans que je ne m'y butte nul part. J'arrivais même à en faire de complexes images, celles-mêmes dont la grande majorité de mes poèmes étaient constitués. Il m'était pourtant cruellement interdit de tenter de décrire exactement ceux qui me pesaient le plus, il m'était interdit, techniquement, de seulement les ressentir... Mais bon, j'avais depuis longtemps abandonné l'idée de tout refouler. J'étais donc condamné à taire tout ce que j'aurais tant voulu dire à celui qui se trouvait devant moi, vivant dans l'espoir que peut-être un jour, tous mes songes deviendraient enfin réels.

    Mais comme ma tête pensait souvent bien moins vite que mon coeur, j'avais à nouveau gaffé en lui proposant sous un air totalement innocent de manger à même mes baguettes, genre de chose que mon meilleur ami détesterait sans doute. Je me retins de m'accorder un recueil complet d'insultes, détournant le regard pour ne pas avoir à supporter la tête que tirerait sans doute le jeune homme avant de partir sans un mot, m'abandonnant à mes remords. Les secondes que je passai en fixant le coin de la table s'éternisèrent sans que personne ne quitte, et je m'autorisai un coup d’œil en la direction de Boyung. En voyant ce qu'il faisait, je sentis mon coeur rater quelques bonds. Mais bon sang, qu'est-ce qui lui prenait? Je sentis un rire nerveux s'échapper de ma gorge, alors que la bouchée restait en suspens et que j'ouvrais la bouche comme un hébété, plus que surpris par la réaction de mon cher ami. Il avait penché la tête sur le côté, comme le ferait un enfant qui ne comprend pas ce qu'on lui dit, et avait prononcé une phrase qui transforma mon être entier en bombe qui menaçait d'exploser d'une seconde à l'autre. Il était terriblement mignon ainsi disposé... Quelques personnes nous observaient fort peu discrètement, et le voir ainsi m'était plus qu'inhabituel, mais l'étonnement laissa bien vite place à une irrépressible envie de... De quoi, au juste? De le serrer dans mes bras, de l'avoir à moi et uniquement à moi seul, sans doute. Qu'il m'appelle ainsi chaque jour, toujours.

    Voyant sans doute que j'étais dans l'impossibilité absolue d'avoir quelconque réaction, il vint lui-même chercher les aliments qui pendaient dans le vide depuis un moment déjà, et je le suivis du regard sans rien dire. D'ailleurs, que pouvais-je rétorquer? Je haussai à peine les épaules lorsque Bo déclara que la nourriture était infecte, lui tendant mes baguettes sans protester, pour qu'il puisse s'empiffrer aux dépends de mon assiette. Mieux valait me sortir de ma léthargie avant que ça ne devienne trop suspect. J'attrapai la boulette qui m'était atterrie en plein front et lui relança avec un sourire en coin, le regardant droit dans les yeux. J'avais toujours la bouche sèche et les mains horriblement moites, mais je réussis néanmoins à lui tirer la langue, en réponse à la moquerie évidente qu'il venait de m'offrir. Et si... S'il ne rigolait pas, après tout? Peut-être les dernières années avaient-elles été partagées, peut-être... Peut-être - tu parles, certainement - me faisais-je un tissu d'idées utopiques.

    - Tu... Tu peux manger le reste, 'ai plus faim.


    Priant pour qu'il ne relève pas le tremblement de ma voix, j'ajoutai:

    - T'as cours, cet après-midi?



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Sam 5 Nov - 15:40

    Je n'avais jamais réellement aimé me retrouver dans une situation qui pouvait être humiliante ou attirer l'attention, c'est pouquoi la façon dont Won Hyuck me regarda me gêna immédiatement. Il avait l'air comme figé, et c'est avec une certaine satisfaction que j'ai réalisé que mon plan, disons, inhabituel pour le secouer un peu avait été un succès. Il réagit à peine lorsque je fis allusion à la qualité de la nourriture et me relança carrément mon projectile en pleine figure. Ah, il le prenait donc comme ça ? Je l'ai observé un instant et j'ai reculé, le plastique à la main, balançant à nouveau ce dernier ; dans le plateau de mon ami, cette fois. Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire malin lorsqu'il m'envoya sa gimace, comme un peu gêné.

    ▬ Tu... Tu peux manger le reste, 'ai plus faim.

    Est-ce que le tout allait réellement se terminer ainsi ? Cette petite plaisanterie avait été trop rafraîchissante pour que j'aie envie de l'abandonner pour une assiette de cantine : voilà pourquoi je me penchai vers Won Hyuck, le regardant droit dans les yeux. Je m'apprêtai à lui lancer une réplique toute improvisée lorsqu'il me coupa la parole par sa question maladroite, la voix tremblante.

    ▬ T'as cours, cet après-midi?

    J'observai mes mains croisées quelques secondes et je finis par relever les yeux vers lui, un sourire espiègle toujours imprimé sur le visage.

    ▬ Peut-être.

    Je restai silencieux jusqu'à céder à l'envie d'éclater d'un rire franc, ce qui ne m'empêcha pas de guetter ses expressions. Pour le coup, ça vallait la peine. J'étais presque sûr qu'il était sur le point de me demander quel était mon problème. En attendant, autant le taquiner jusqu'au bout, non ? Je me levai, contournant la table et tirant une chaise juste à côté de Won pour m'y asseoir et le regarder avec un air songeur. C'était clair, je me sentais idiot et j'avais sans aucun doute l'air complètement débile. Genre, changement soudain de personnalité. En tout cas, ça ne m'empêchait pas de m'amuser un peu en me moquant de lui avec application. À force, j'en vennais presque à la conclusion que j'allais plus loin dans mes records d'étrangeté pour m'impressionner moi-même (chose peu surprenante vu ma manie à me trouver ennuyeux comme le monde). Ne lachant pas Won des yeux, je posai délicatement ma main sur la sienne, attendant silencieusement qu'il réagisse. Je me trouvai absolument ridicule et maladroit, mais bon. Je n'avais qu'à me dire que le jeu en vallait la chandelle, après tout.
    J'étais sur le point de me dérober, mais c'est à ce moment bien précis qu'il repassa, celui qui m'avait frappé volontairement alors que je mangeais mon sandwich tranquillement, quelques minutes plus tôt. Cette fois, il s'en prit à mon compagnon en donnant un coup dans sa chaise - le mouvement de trop, sans doute, car mon (redoutable?) côté Mr. Hyde prit le dessus sur Shim Bo Yung, chose qui me mettait sans arrêt dans des situations assez délicates. Je ne pus donc pas me retenir lorsque je plaquai le type au sol, lui hurlant très gentiment de nous foutre la paix. Bon sang, mais c'était quoi son problème ? J'aurais bien voulu lui demander mais je réalisai que tous les regards étaient braqués sur moi, le-méchant-garçon-colérique-qui-fait-des-guilis-à-son-copain-avant-d'essayer-de-trucider-un-inconnu. Je me dépêchai d'échapper à ma victime -...- en retournant m'asseoir de l'autre côté de la table et en souriant façon pub de dentifrice à Won Hyuck.

    ▬ Nan, j'ai pas cours cet après-midi. Pourquoi ?



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Sam 5 Nov - 16:49

    Boyung venait de me relancer son projectile de plastique, qui vint cette fois terminer sa course dans mon assiette encore à demi-pleine - pas étonnant, avec tout ce que j’y avais empilé. Je voyais bien que ma réaction l’avait mis mal-à-l’aise, mais après tout, n’était-ce pas mérité? Il était évident qu’il prenait un malin plaisir à me mettre dans tous mes états avec ses réactions inhabituelles... Quoique bon, qui étais-je encore pour me plaindre de ce soudain revirement de situation? Il était seulement trop surprenant, trop décalé, pour que je sache comment vraiment y réagir. C’était troublant, agréablement troublant certes, mais tout de même.

    En réponse à la grimace peu assurée que je lui avais adressé, mon meilleur ami me renvoya un sourire ironique que je laissai passer avec grand mal, ayant subitement décidé que plus rien de me perturberait. Résolution bien plus facile à prendre qu’à tenir, surtout lorsque celui qui hante vos jours et vos nuits se penche vers vous, son regard infini plongé directement dans le vôtre; de quoi vous faire perdre la totalité de vos peu solides moyens. Ce fut en réalité pourquoi je lui demandai s’il avait quelconque cours durant l’après-midi, dans l’espoir non pensé qu’il retrouverait son état normal. Ma tentative échoua lamentablement, et Bo m’offrit à nouveau un charmant sourire, sublime grimace qui, à nouveau, me fit me dandiner sur ma chaise, plus qu’inconfortable. Oh, mais à la fin, pourquoi faisait-il cela? La réponse qu’il m’avait offerte était étrange, comme s’il tentait de supposer quelque chose. Je ne remarquai qu’il s’était déplacé à mes côtés qu’en sentant à nouveau ses yeux braqués sur moi.

    La vie était une traître chose. Lorsqu’on croit que rien de pire ne peux nous arriver, il se produit un événement supplantant toutes les épreuves les plus éprouvantes qu’on a sut traverser. Un véritable choc traversa mon corps entier lorsque la main de Bo vint se poser délicatement sur la main, qui gisait à plat sur la table. Je n’avais jamais même espéré qu’il se rende aussi loin un jour, et le voilà qui était assis à quelques centimètres à peine de moi, sa main déposée juste là, son divin visage tourné vers le mien, dont je refusais d’imaginer l’expression à l’instant... Il m’était impossible d’émettre quelconque phrase, voire quelconque mouvement... J’avais beaucoup trop peur que l’instant parte en fumée, peur qu’il ne s’éternise pas comme je l’aurais désiré... Mais c’était irraisonnable, et c’est pourquoi, à contrecœur, je murmurai un peu convainquant:

    - Arrête...

    Mot que Bo Yung n’entendit sans doute jamais, puisque ce fut le moment où l’idiot de tout à l’heure décida de revenir nous emmerder, me prenant cette fois pour cible. Qu’est-ce qu’il avait donc, à tout gâcher? La colère qui prit naissance en moi égalait sans doute celle de mon ami à l’instant, qui, beaucoup plus impulsif que moi, s’était levé et avait hurlé à l’autre imbécile de nous foutre patience, le jetant au sol sans ménagement. Cette interruption me laissa tout juste le temps de respirer un peu, et j’étais à peu près calmé lorsque mon compagnon revint s’asseoir en face de moi, me répondant cette fois avec plus de sérieux. Ce fut à mon tour de jouer à son adorable jeu, et, repoussant ma chaise, je me rendis de son côté pour le relever, glissant mes doigts entre les siens pour prendre sa main.

    - Alors viens mon mignon, on sort d’ici.

    Finalement, la situation avait de très bon côté; je pouvais agir exactement comme il l’avait fait sans qu’il ne soupçonne quoi que ce soit, mettant mon comportement sur le dos d’une vengeance quelconque. En espérant que je ne flanche pas...



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Lun 7 Nov - 14:39

    Bien sûr, que j'aurais du apprendre à me calmer, avec le temps. Disons que la plupart des gens trouvaient mes manies violentes exagérées, voilà pourquoi j'aurais du tenter de me contrôler un peu. Pourtant, je n'avais pas pu m'en empêcher lorsque j'avais vu cet imbécile s'en prendre à mon meilleur ami. Au fond, ce n'était pas si grave, j'aurais du me rappeller que, même si cet idiot n'en savait rien, j'étais nettement mieux placé que lui dans cette situation. Chose que je n'aurais jamais pu lui apprendre, même si l'envie était plus que tentante. L'ignorant donc à nouveau, j'étais retourné m'asseoir sur ma charmante chaise, m'adressant à nouveau à Won Hyuck.
    Sa réponse me surprit une nouvelle fois : je n'aurais pas pu me douter qu'il jouerait le jeu, me levant de ma chaise tout en entrecroisant ses doigts avec les miens.

    ▬ Alors viens mon mignon, on sort d’ici.

    Je l'observai silencieusement, faisant de mon mieux pour faire disparaître la gêne qui marquait mon visage. Le plus bizarre, c'était que je n'avais plus du tout le sentiment de m'amuser, cette fois. Depuis que nous nous étions encore fait déranger par cet espèce d'abruti, je n'arrivais plus à me détendre. C'était comme laisser tomber un travail sans avoir le loisir de le terminer ou encore devoir laisser partir un type provocateur et terriblement masochiste dans son genre rien que parce que le monde entier nous empêche de le retenir. Énormément enrageant. Énervé, je détournai mes yeux de ceux de Won en réalisant ses dernières paroles quelques peu troublantes. Elles avaient été prononcées avec si peu de subtilité que c'en était désespérant.

    ▬ Ça suffit.

    Je me dérobai de son emprise et pris son plateau pour le lui donner, effaçant toute trace d'amusement dans mon regard, mes gestes, mon visage. J'avais dépassé mon record de sourires pour une journée et je détestais ça, puisque ce genre de chose se produisait près d'une fois par mois, la plupart du temps. J'étais conscient que j'allais le décevoir, comme chaque fois que je reprennais une expression sérieuse et froide. Ç'avait toujours été comme ça. Comme ça depuis que j'avais tué ma mère, comme ça depuis que je connaissais Won Hyuck, depuis que j'étais tueur à gages. Ma mère me l'avait dit, elle me l'avait toujours répété. Lorsque j'allais devenir froid et distant, seul, riche, fort et puissant, lorsque j'allais voir la vie comme une suite d'évènements inutiles, lorsque j'allais réaliser que j'avais tout gâché, je ne serais plus qu'une copie. Une pâle reproduction. Elle me l'avait toujours dit, une expression fière et dégoûtée sur le visage. « Tu deviendras exactement comme ton père. »
    Il y eut un son strident de vaisselle cassée lorsque je revins à moi. Mes mains étaient vides et à mes pieds reposaient des morceaux de verre éclaté en mille miettes et un plateau de cantine, qui, quelques secondes plus tôt, avait reposé bien en sécurité dans mes mains. Je me suis penché, pétrifié, pour ramasser le dégât. Je tremblais encore, perdu. J'avais l'air complètement pathétique, bien entendu. J'ai levé les yeux vers Won sans rien dire, sans même savoir ce que j'avais envie de lui demander. Il n'y avait rien à dire. Je me détestais en me voyant dans un état pareil, c'était certain. Or, la seule chose que je désirais, en cet instant, c'était que tous les spectateurs de mon beau chef d'oeuvre détournent la tête, qu'une force invisible me fasse disparaître de cet endroit maudit.



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MessageSujet: Re: it has to be you ♦; Bae Won Hyuck & Shim Bo Yung   Mar 8 Nov - 1:56

    J'aurais du, je n'aurais pas du. Ces mots semblaient résumer mon quotidien entier, les derniers instants en ayant démontré une concrète preuve. Par exemple, j'aurais du me lever à la place de Bo, et non l'inverse. J'étais parfaitement en mesure - enfin - de me défendre moi-même, et j'étais le plus vieux... Je n'avais pas à le laisser lui régler son compte à ma place, bien que d'un autre côté, tenter de l'en empêcher aurait sans doute été fort peu fructueux. Enfin, il fallait dire qu'il veuille me protéger ainsi n'était pas du tout pour me décevoir. Je flottais toujours sur le confortable nuage qu'avaient causés les paroles et gestes de mon meilleur ami et ses actes ne venaient que prolonger l'agréable ascension dans laquelle je m'étais lancée. Un peu trop sans doute, puisqu'immédiatement après apparut le je n'aurais pas du. Ce fut à nouveau le changement sur les traits du jeune homme qui confirmèrent la déprimante constatation. J'étais à nouveau allé trop loin dans le non subtil, et un embarras palpable se traçait peu à peu sur son visage, embarras qui me hurlait presque de lâcher sa main.

    Pourtant, je ne le fis pas. Je savais que j'allais le regretter, autant parce que Bo Yung était de plus en plus froissé que parce que le sommeil me fuirait encore longtemps par la faute de cette proximité... Mais sentir cette main chaude au creux de ma paume ne faisait que me rappeler cette phrase idiote que j'avais entendu tant de fois; « tout vient à point à qui sait attendre ». C'était, j'en conviens, d'un cliché plus qu'effroyable, mais il ne fallait pas être d'une sensibilité très élevée pour remarquer que les doigts qui se tenaient avec une légère pudeur entre les miens étaient bien mieux là que posés sur quelconque gâchette ou entourant le manche d'un objet tranchant. Un ordre auquel je n'eu d'autre choix que d'obéir mit une fin abrupte à mes rêveries. Le froid revêtit à nouveau ma main - glaçant même mon coeur tout entier - et Bo redevint celui que tous voyaient, celui qui me fascinait habituellement, mais qui venait uniquement de me frustrer, me décevoir, me blesser. Je détestais lorsqu’il mettait fin à des moments comme les derniers avec un détachement horrifiant, comme si ce qui venait de se passer n’était qu’un mauvais divertissement qui devenait très vite ennuyant. Je lui arrachai presque le plateau des mains lorsqu’il me le tendit, lui tournant le dos sans daigner lui adresser un regard. Une rancune amère avait remplacé l’enchantement qui avait précédé, et j’accélérai le pas, n’attendant pas que mon compagnon arrive à ma hauteur.

    Ce ne fut pas le bruit de la vaisselle qui éclatait au sol, mais plutôt quelques exclamations et railleries provenant des élèves qui me fit me retourner. Je ne restai pas planté là très longtemps; malgré ce que je ressentais à l’instant, Boyung n’en demeurait pas moins mon meilleur ami, voire le frère que je n’avais pas, et je devais l’aider. Balayant du regard la foule dont l’attention était toujours portée sur lui, je m’avançai.

    - Bordel, vous regardez quoi?

    La majorité se détournèrent alors que je me penchais pour lui venir en aide. Le regard qu’il venait de me lancer me faisait sentir horriblement coupable d’avoir été si injuste envers lui, et je me mordis la lèvre, me concentrant sur ce que je faisais. Il semblait confus, troublé... Voire faible.

    - Eh... Ça va.

    Murmurai-je à son intention, tentant tant bien que mal de le rassurer. Avec ma chance habituelle, je réussis à me couper en récupérant les morceaux cassés, mais qu’importait? Je m’inquiétais pour Bo. Il semblait parfois se plonger dans des moments de nostalgie qui menaçaient de ne jamais le laisser repartir - je les comprenais bien sûr de vouloir le garder pour toujours. J’ignorais pourquoi il était dans cet état aujourd’hui, mais j’avais la désagréable impression que j’y étais pour quelque chose. Nous eûmes tôt fait de remettre toute cette vaisselle dans nos plateaux. Après avoir attendu sans un mot que le jeune homme se débarrasse du sien, nous nous dirigeâmes vers l’extérieur dans un des silences les plus lourds qu’il m’eut été de connaître.



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